Archives mensuelles : janvier 2013

Craft Beer versus Bière artisanale

Les Etats-Unis ont connus une explosion du phénomène brassicole au cours des années 1990, phénomène toujours d’actualité.

Home-brewers, Brewpubs, Micro-breweries, etc. On parle de Craf Beer Revolution !

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Mais la France, depuis quelques années, se mêle à la danse. On parle cette fois de bière artisanale. Alors quelles relations ?

En France, et notamment à Paris, la fin du 19ème siècle est marquée par l’ouverture de nombreuses brasseries aux noms très alsaciens (Lipp, Bofinger, Zeyer, etc.). Brasseries car la bière voyageait encore mal en ces temps, et la bouteille n’était pas encore utilisée par les brasseurs. On brassait alors sur place la bière servie aux clients. Les clients étaient quant à eux des mondains, mais des mondains urbains, à la mode. Ils trouvaient refuge dans les brasseries à la sortie du spectacle ou du théâtre car seuls ces établissements offraient une restauration à toutes heures. La bière y était servie en accompagnement des choucroutes, jarrets de porc, ou autres harengs à l’huile. Et rapidement l’atmosphère se chargeait de rires et de fumées voluptueuses.

L’activité brassicole a rapidement été arrêtée, au profit d’une industrie plus performante, et la bière, progressivement, a cessée d’être brassée en ville. C’est finalement un vent venu d’Amérique qui provoque le retour du malt et du houblon en zone urbaine, avec la création de Brewpubs. Le O’neil, et les Frog & Rosbif sont les plus connus, on y sert aussi à manger, mais le hamburger à remplacé la choucroute. Voilà une véritable transposition d’un modèle français à un modèle américain, pour un service comparable.

Cet état de fait justifie l’influence de la Craft Beer en France, mais si la traduction littéraire voudrait que l’on voit dans le terme Anglo-saxon celui de la bière artisanale, la traduction doit aller plus loin. Il s’agit en effet d’une question d’éthique – et oui ! – car mieux que la question d’échelle, l’important est que le maître brasseur, le brewmaster, soit maître de sa création : c’est lui qui choisi ce que la bière sera ! – Créativité ! – Après, que sa création soit produite en 10 ou 10 000 hectolitres, ce n’est qu’un bonheur mieux partagé !

Petit et mignon, plus gros mais toujours bon !


Par ici la bonne bière

Bars et caves à vin parsèment nos trottoirs parisiens, pour le bonheur de chacun…

Et la binouse, telle la pisse d’âne ahuri, elle inonde tous les comptoirs et jusqu’aux caveaux les plus lugubres !

Pourtant de bonnes adresses il y en a, pour qui connait les vraies saveurs du malt et du houblon, alors suivez le guide, Paris fait sa belle en fleur !

Pour la pression, on appréciera la Fine Mousse (http://www.lafinemousse.fr/), dans le 11ème. 20 tireuses et un grand tableau en ardoise où chaque jour les noms changent. De l’artisanal exclusivement, du français énormément, de l’étranger heureusement. Les tenanciers, ce sont ni plus ni moins les organisateurs des soirées maltées, une équipe à qui Paris doit beaucoup !

La-Fine-Mousse

Plus au Nord, du côté de Jules Joffrin, le Super Coin (http://supercoin.net/) revendique bières artisanales et pop culture. Trois tireuses, et pleins de bouteilles, pour des bières de petits brasseurs français, exclusivement ! Et des prix canons, alors on en profite, et on accompagne le tout d’une planche !

Plein Est, héliotropisme en furie pour les vacanciers qui depuis la gare de Lyon filent vers la Méditerranée. Mais pas sans s’arrêter à l’Express de Lyon (http://expressdelyon.blogspot.fr/), troquet tradi’ pour ne pas en dire d’avantage. On y gratte des tickets avec des pièces de 5cent, et on s’enfile un petit noir avant de prendre son train. Et pourtant ! Là, sous les tireuses, des fûts percés débitent BrewDog, Craig Allan, Nøgne Ø, Mikkeller et bien d’autres ! Un passionné derrière tout ça, qui revendique le titre de seul bar PMU à offrir de telles bières en France… pas faux. Concept unique !

Plus récemment l’équipe du Candelaria, un bar à cocktails Hype du 3ème, a ouvert un « bar à pute » d’un autre genre. Pigalle change de visage. Façade noire et vigile à l’entrée, mais dedans point de mini jupes ! Lagers, IPA’s et autres Porters d’excellence. Une sélection américaine de grande qualité, pour tout hipster qui se respecte ! Le Glass change de robe, et pour compléter, une belle carte à cocktails.

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Enfin côté bouteilles cette fois-ci, une cave nous fait le plaisir de servir à table, pour qui sait en obtenir une ! Le Brewberry (http://www.brewberry.fr/) c’est the place to be pour les amateurs de grands crus. On les prend à emporter ou pour boire sur place, qu’importe, c’est le même prix. En échange une petite planche est la bienvenue. Les stocks fluctuent, pour approximativement 400 références à des prix aussi petits qu’exubérants ! Et derrière le comptoir, un conseil de pro. Ici on sait de quoi il s’agit. Une référence, mon ancien employeur !

brewberry

Liste non exhaustive, mais bonnes adresses à coup sûr…


La Goutte d’Or dans le petit écran

C’est complètement dingue, il y a plus de 400 brasseries en France !

Enfin dans le lot un paquet sont si petites que jamais vous en boirez de leurs bières, est-ce un mal d’ailleurs ?
Sans médisance.
Le mouvement perce maintenant à travers le jungle urbaine, rude combat contre la pression immobilière.
Et paf! on brasse à Bagnolet, Montreuil ou Levallois, et vlan! on s’installe dans Paris, rue de la Goutte d’Or !
Ça vaut bien une petite vidéo non ? Merci Pauline !
PS : Thierry en rouge, la ferveur du brasseur, moi en gris, l’apprenti.

Et comme je n’arrive pas à intégrer la vidéo, on clique là :

Chronique du 13.11 par Pauline Lefèvre


Une révolution américaine ?!

Au fait, c’est quoi cette histoire de Craft Beer Revolution ?

Une révolution américaine ! Non ? J’entends déjà les jérémiades des plus traditionalistes… et bien si !

Allez hop ! On va lire ce bel article que j’ai écrit spécialement pour vous :

http://geographica.net/2012/12/les-bieres-une-nouvelle-revolution-americaine/